(AOF) - Les grandes Bourses européennes devraient débuter en baisse vendredi matin faute d'éléments susceptibles d'entretenir le mouvement haussier des quatre dernières semaines, qui a permis aux indices du Vieux Continent d'effacer une grande partie de leurs pertes dues à la guerre en Iran. Une demi-heure environ avant le début des échanges, le CAC 40 est attendu en repli de 0,7%, l'Euro STOXX 50 accuse un recul théorique de 0,6% et le FTSE 100 perd quasiment 0,8%.
Les marchés d'actions ont jusqu'ici plutôt bien résisté au choc énergétique et aux tensions géopolitiques persistantes: si les places boursières avaient subi de fortes pressions vendeuses le mois dernier, les indices se sont rapidement stabilisés pour dans certains cas renouer, comme à Wall Street, avec de nouveaux sommets historiques.
Selon les analystes, cette dynamique suggère que les capitaux n'ont pas quitté le marché, mais que les flux d'investissement ont désormais basculé vers un positionnement plus prudent de la part de ses acteurs dans l'attente de signaux plus clairs concernant les indicateurs économiques et l'évolution des politiques monétaires.
A ce stade de la semaine, l'indice Euro STOXX 50 se dirige vers un repli hebdomadaire de près de 3%, mais cette consolidation survient après quatre semaines d'affilée de rebond qui lui avaient permis de reprendre une grande partie du terrain abandonné depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
Mais ce redressement semble aujourd'hui inciter les opérateurs à une certaine prudence, d'autant que les incertitudes géopolitiques ne sont toujours pas levées.
Si les actions naviguent effectivement à vue, le démarrage solide de la saison des résultats d'entreprise, souvent accompagnés de révisions à la hausse des prévisions de bénéfices pour 2026, semble cependant avoir créé quelques signaux d'achat.
Entre résultats solides et incertitudes économiques
Il n'en demeure pas moins que pour les marchés actions européens, le renchérissement de l'énergie demeure un vent contraire majeur en ravivant les inquiétudes liées à l'inflation, à un moment où les perspectives de croissance restent fragiles.
Les cours du pétrole continuent d'évoluer à des niveaux élevés en raison de l'impasse diplomatique entre les Etats-Unis et l'Iran, qui s'ajoute aux risques de rupture d'approvisionnement dans le détroit d'Ormuz au sein d'un marché déjà particulièrement tendu.
Le contrat juin sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance ce matin de 0,1% à quasiment 96 dollars le baril, tandis que le Brent de la mer du Nord gagne 0,3% à 105,3 dollars.
"Cela laisse les investisseurs face à un scénario inconfortable, tiraillés entre des annonces solides dans certains secteurs, mais une toile de fond macroéconomique qui peut rapidement se détériorer à tout moment si les tensions géopolitiques s'intensifient", explique Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets.
"Le marché demeure par conséquent dans une position d'attente, où les résultats d'entreprises, les prix du pétrole et les statistiques à venir se livreront une concurrence acharnée pour dicter la prochaine direction des indices", indique le stratège.
Le calendrier statistique de ce vendredi s'annonce relativement peu animé, les investisseurs devant se contenter de l'indice Ifo du climat des affaires en Allemagne et de l'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan.
Des marchés à la croisée des chemins
Avec les réunions de la Fed puis de la BCE les investisseurs sauront sans doute la semaine prochaine si le redressement des dernières semaines a marqué le début d'une réelle embellie ou si l'accès de faiblesse du mois de mars était bien justifié.
"A court terme, la trajectoire du marché va largement dépendre de l'évolution des prix du pétrole, de l'inflation mais aussi des anticipations liées à la politique de la Réserve fédérale", prévient Linh Tran, chez XS.com.
"Un apaisement de ces facteurs - notamment une correction des cours du brut et une détente des rendements obligataires - pourrait redonner de l'élan aux indices boursiers et prolonger le rally vers de nouveaux sommets à mesure que les attentes monétaires s'assoupliront", assure-t-elle.
Bon nombre d'observateurs jugent en effet qu'il est peu probable que les banques centrales "surréagissent" la semaine prochaine en relevant leurs taux alors que le contexte de marché ne s'y prête pas, mais le risque d'un marché baissier n'a pas encore disparu.
"Si les pressions inflationnistes persistent sous l'effet de prix pétroliers durablement élevés, la Fed sera probablement contrainte de maintenir une politique restrictive de taux "plus hauts, plus longtemps"", estime Linh Tran, qui redoute que des mouvements de correction soient alimentés par des rééquilibrages alors que le mouvement de hausse reste toujours aussi tributaire d'un groupe restreint de valeurs.

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